Il faut l’avouer : l’origine du nougat reste, encore aujourd’hui, un mystère :

Et parmi les mythes qui circulent sur la véritable origine du nougat, il en est un, très « latin ».

En effet un apprenti confiseur, fou d’amour pour une princesse, lui dédia un jour une préparation de son invention. Il versa dans un chaudron de cuivre les ingrédients qui lui rappelaient le plus sa chère et tendre : du miel évoquant ses cheveux dorés, des amandes rappelant la forme de ses yeux, et du sucre pour sa douceur. L’amoureux ne put hélas conquérir le cœur de sa bien-aimée, mais le nougat qu’il avait inventé fut tout de même une belle consolation !

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Cependant l’origine du nougat viendrait, en s’appuyant sur l’étymologie du mot, du latin nux gatum : gâteau à base de miel et de noix. Confectionné par les romains, il aurait apporté en gaule et remonté par le Rhône pour s’installer à Montélimar. Nux gatum serait devenu nougo en provençal.

Et un certain Monsieur de Nougarède du Hasset se passionnant tellement pour la question qu’il passa 55 ans de sa vie à écrire un manuscrit de 8721 pages à ce propos.

il s’avoua finalement vaincu : impossible de garantir une seule origine avérée à cette gourmandise, ni même une étymologie certaine au mot « nougat » ! Que ce savant au nom si étrangement prédestiné soit consolé : aujourd’hui encore, personne n’a pu lever le voile sur cette question…

Quelques indices…

Grand voyageur, le nougat a tout de même laissé des traces de passage ici et là : des Phéniciens aux Montiliens, en passant par les Arabes, les Turcs, les Grecs, les Espagnols, les Italiens et les Marseillais, ils sont nombreux à revendiquer la création de cette friandise qui, on le voit, a beaucoup voyagé entre Orient et Occident.

Les premières recettes de nougat blanc proviendrait d’un livre arabe de Bagdad du Xème siècle. Le nougat s’appelait alors nãtif. L’une de ces recettes indiquait que le nãtif serait originaire d’Harran, une ville située entre Urfa au sud de la Turquie actuelle et Alep en Syrie actuelle.

 Les phéniciens commerçant sur la mer Méditerranée en aurait propagé la recette jusqu’en Turquie, et plus au nord jusqu’aux rivages de la Grèce, de l’Italie, de l’Espagne. Au Moyen-âge, on apprenait à confectionner le nougat blanc dans le Sud de la France et dans toute la Provence.

Nougat / Montélimar :

Deux mots rendus indissociables depuis le XVIIème siècle, époque où débute la production des premiers amandiers, introduits quelques années plus tôt dans la région par le célèbre agronome Olivier de Serres, que le destin de cette confiserie « domestique » fut définitivement bouleversé

Les historiens de la spécialité prétendent que les premières mentions du Nougat de Montélimar dateraient de 1097, et on en retrouve dans quantité de documents tout au long des siècles.

Puis, en 1650, un inconnu décida d’ajouter du blanc d’œuf à la pâte, ce qui permit de l’aérer et de lui conférer une blancheur nouvelle, parfaite… C’est ainsi que le nougat rustique d’autrefois s’anoblit et devint le nougat tendre et apprécié que l’on connaît aujourd’hui

 Montélimar en serait devenue la capitale vers le 17ème siècle.

Le nougat de Montélimar, gourmandise provençale, par excellence, fait partie des treize desserts traditionnellement proposés sur la table du Noël provençal.


D’où qu’il fût, une certitude demeure : le nougat était à l’origine un nougat noir, préparé à base d’épices, de miel, d’huile et de noix ou d’autres fruits.

On le faisait en famille, les jours de Fête et de grande joie.

La version glacée se réalise très facilement et constitue un dessert léger et délicieux 

Aux Oies sauvages, le nougat glacé et parfumé au kalamansi, dont l’acidité s’associe parfaitement avec ce dessert.